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Reconstruire une agriculture périurbaine

Pendant très longtemps, période de croissance urbaine, la consommation de l’espace s’est faite sans souci de la ressource, l’espace agricole étant considéré comme une réserve foncière, avec pour conséquence un étalement urbain sur de nombreuses agglomérations.
Aujourd’hui, il y a une prise de conscience de l’importance des espaces ouverts qui deviennent une ressource rare, non renouvelable.
Le questionnement se pose réellement sur le rôle des espaces ouverts dans le projet de la ville, en réponse aux attentes des habitants : cadre de vie, loisirs de proximité, lien au voisinage rural, espaces de nature... Il faut noter aussi un changement de génération dans les documents d’urbanisme: hier une conception planificatrice, avec un rôle plus fort de l’État, aujourd’hui une démarche plus longue et concertée. L’agriculture peut constituer une ressource pour la ville, tant par les produits agricoles locaux que par l’entretien d’un cadre de vie de qualité ou par les services qu’elle peut offrir.

La profession agricole est bien organisée pour négocier la protection de l’espace de production dans les documents d’urbanisme. Il faut cependant passer d’une logique de défense de l’espace productif agricole à un argumentaire plus ouvert sur le partage des usages sur l’espace. Car pour la ville, l’intérêt économique de l’agriculture ne pèse pas lourd ! L’intérêt est donc ailleurs, dans les services que l’agriculture peut rendre à la ville. C’est-à-dire les circuits-courts, le cadre de vie, l’accueil, l’entretien des sentiers, etc. Les habitants des espaces périurbains sont à la recherche d’une qualité du cadre de vie. Ils sont demandeurs de paniers de produits, d’AMAP, de liens de proximité entre agriculteurs et consommateurs, de valeurs partagées... Le consommateur participe ainsi au maintien de l’agriculture dans la ville. Productrice de bien de consommation, l’agriculture devient un bien collectif.

Circuits courts, une relation de proximité

Grenelle de l’environnement, nouvelle politique nationale alimentaire, approvisionnement local de la restauration collective, les démarches de circuits courts apparaissent aujourd’hui comme un levier de développement de l’agriculture. Ils sont plébiscités par les consommateurs en quête de sens et de transparence. Ils offrent des opportunités indéniables pour maintenir, en complément des filières dites «longues», une activité agricole de proximité et la valeur ajoutée chez les agriculteurs. Au-delà de formes plus traditionnelles – vente directe, présence sur les marchés - les démarches en circuits courts se diversifient et de nouvelles dynamiques sont à l’oeuvre : magasins de producteurs, vente en paniers ou encore vente par correspondance, e-commerce et distributeurs de produits agricoles (fruits, lait, …).

Quelques chiffres sur les circuits courts en France :

- 88 600 exploitations agricoles réalisaient de la vente directe en 2005, soit 16,3 % des exploitations agricoles dont 47 % qui transforment les produits.
- Ces exploitations représentent une part importante de l'emploi agricole avec 26,1% du total des UTA (Unité de Travail Agricole).
- En 2007, les marchés de producteurs représentent plus de 1 000 exploitations et 100 000 consommateurs.
- 4 % des fruits et légumes achetés le sont en vente directe, 7 % si on élargit à l’ensemble des circuits courts
La vente directe concerne toutes les filières, surtout celles des fruits et légumes, de l'horticulture, de la viticulture et des filières animales.

Source : Rapport du Groupe de travail "circuits courts et commercialisation", mars 2009

Enjeux des circuits courts de commercialisation :

La démarche des circuits courts de commercialisation a toujours existé mais elle tend à se développer depuis plusieurs années. Elle a pris des formes multiples, qui présentent la caractéristique commune d’améliorer la captation de valeur au bénéfice de la production.
Parmi les typologies utilisées pour différencier les différentes formes de "circuits courts", celles faisant état de ventes directes d'une part (ventes collectives, marchés, ventes en tournée, à distance ou à domicile), de ventes indirectes d'autre part (via un intermédiaire tel qu'un restaurateur, un commerçant) sont certainement les plus décrites et les plus claires.
Il ne s’agit pas d’opposer les circuits courts aux autres types de commercialisation ; ils sont bien au contraire complémentaires. Les circuits courts permettent à certains producteurs de diversifier leur activité agricole. Ils permettent surtout de répondre à une forte demande des consommateurs. Ils apportent, en effet, une réponse à une exigence sans cesse grandissante de produits de terroir, de tradition, d’authenticité restaurant le lien social entre consommateur et producteur, valorisant les qualités de fraîcheur, d'innovation et de qualité nutritionnelle des productions en question ainsi que la connaissance des produits et de leurs modes de production. Dans son approche territoriale, le circuit court permet de valoriser la production locale.
En termes de potentiel, les enjeux de ce type de commercialisation sont décrits comme considérables, puisque, outre la captation de valeur en faveur du producteur, il permet la réalisation d’économies sur les autres segments de la chaîne de coûts (transports, transaction pour le commerce sur internet) et la création de valeur sur des actifs immatériels (marque, ancrage territorial, authenticité, lien social).

Les difficultés rencontrées


Moins d'offre que de demande

L’offre est insuffisante, alors que la demande explose. D'ailleurs, les initiatives de développement viennent plus des consommateurs que du milieu agricole. En moyenne il faut attendre un an avant de pouvoir faire partie d’une Amap.

Diversité et régularité

Le consommateur est habitué à une régularité des d’approvisionnement et un grand choix de produits. Pour le producteur, il est difficile de proposer une offre régulière et pérenne alors que sa production dépend des saisons et des aléas climatiques.

Une offre encore peu organisée

Les producteurs estiment ne pas disposer de formations ou d’informations sur les métiers de vente ou sur la réglementation sanitaire. Ils ne sont pas toujours en mesure de pouvoir répondre aux appels d’offre, notamment en restauration collective, en raison des volumes insuffisants. La solution envisagée est la collaboration avec d’autres producteurs. Or, certains d’entre eux ont peur de perdre l’indépendance qu’ils recherchaient en s’impliquant dans les circuits courts.

Charge de travail et coûts supplémentaires

Il faut produire, dégager du temps pour aller vendre les produits, voire parfois les transformer.
La transformation et la vente nécessitent l'investissement dans des équipements parfois coûteux, (chaîne du froid, locaux supplémentaires, etc.) et les petits producteurs peinent à accéder aux prêts bancaires…

Des terres peu disponibles

Il n’y a plus, ou très peu, de terres disponibles en zones péri-urbaines. En 10 ans, l’équivalent d’un département français de taille moyenne a été soustrait à l’agriculture. Les anciens agriculteurs ont l’espoir de réaliser une plus-value financière considérable en vendant leur parcelle agricole en terrain constructible. Ils sont encouragés par les élus qui y voient des enjeux financiers importants, les parcelles agricoles sont remplacées par des zones d’habitations et des zones d’activités engendrant un étalement urbain.

Lancement de l’activité

Le lancement de l’activité est quelquefois difficile, les producteurs ayant des difficultés d’accès au foncier, aux prêts bancaires et aux aides pour leur installation.


Le rôle des collectivités locales

Les collectivités locales peuvent intervenir dans plusieurs domaines :

  • Sensibiliser les consommateurs aux impacts de leurs choix alimentaires.
  • Soutenir l’installation des porteurs de projet. Ils contribuent à l’augmentation de l’offre tout en préservant des espaces ruraux et périurbains.
  • Favoriser le maintien ou la création d’équipements collectifs (abattoirs, ateliers de transformation, lieux de vente…). C’est une aide pour les producteurs qui consolident leur offre ou la diversifient. Et en même temps crée de l’emploi.
  • Utiliser la commande publique de produits locaux pour approvisionner la restauration collective (écoles, administrations…) et d’apporter un soutien logistique pour renforcer les filières locales.

Quelques pistes de réflexion :

  • Susciter et accompagner le développement de l'approvisionnement des cantines scolaires en productions locales (30% de produits achetés en direct et en région pour 2012)
  • Protéger le foncier agricole : que chaque collectivité territoriale doit préserver au minimum la surface agricole nécessaire à l'auto suffisance alimentaire de son territoire
  • Rendre obligatoire le zonage au 50 000ème des espaces agricoles, forestiers et naturels dans les SCOT et aider la mise en place de périmètres de protection en faveur des espaces agricoles et naturels périurbains pour protéger les terres agricoles

Ressources pour en savoir plus :

3 juin 2010
Pour réduire la pollution des eaux, 7000 hectares de céréales devraient être convertis en bio 'article de la Voix du Jra)   1 page, 174 ko
19 mai2010
En Bio, les résultats 2009 sont au vert et les premières estimations 2010 confirment la tendance: tous les chiffres. Pour la onzième année consécutive, les professionnels de l’agriculture biologique iront à la rencontre du public lors du grand rendez-vous annuel de Printemps BIO.   47 pages, 3 mo
18 mai 2010
2 millions d'euros sur trois ans pour l'agriculture Jurassienne: les nouveaux objectifs du contrat de développement signé entre le CG39 et la Chambre d'Agriculture   1 page, 550 ko
17 mai 2010
Nord Jura : l'irrigation collective se met en place avec le soutien des fonds publics. Et le goutte à goutte ?   1 page, 569 ko
mai 2010

Eléments de la convention 2010-2012 entre le CG39 et la chambre d'agriculture:
- le texte de la convention (4 pages)
- la décision du CG39 (6 pages)
- le programme d'actions (82 pages)
- Subventions aux organismes agricoles et ruraux BP 2010 (4 pages)
- Etat des lieux et diagnostic de l’agriculture jurassienne (3 pages)

 
5 mai 2010
Une convention cadre pour 2010-2012 signée entre le conseil général et la chambre d'agriculture du Jura pour promouvoir un développement durable pour l'agriculture jurassienne (Le Jura agricole et rural) 1 page, 51 ko
30 avril 2010
Zoom sur les productions maraîchères à l'assemblée générale d’Interbio.
Article d'Alexandre Coronel, Le Jura agricole et rural
1 page, 50 ko
23 avril 2010
Les petits marchés de producteurs poussent les uns après les autres autour de Besançon.
Article de l'Est Républicain
1 page, 63 ko
14 avril 2010
Le ministre de l'agriculture et de la Pêche annonce un plan d'actions en 14 mesures pour favoriser le développement des circuits courts des produits agricoles.   4 page, 1 mo
7 décembre 2009
Fermeture de la sucrerie d'Aiserey: 1 112 ha de bettraves à reconvertir dans le Val d'Amour !   1 page, 1 mo
Novembre 2009
Construire ensemble des circuits alimentaires de proximité. Guide à destination des élus et des animateurs de territoires/Réseau AFIP, Montmorot Formation & Développement.   28 pages, 4 mo
Novembre 2009
Charte "Agriculture, Urbanisme et Territoires du Jura"   4 pages, 1.2 mo
2009
"Guide de la restauration collective responsable", CIVAM et fondation Nicolas Hulot   80 pages, 1.2 mo
Septembre 2009
Viticulture durable : un nouveau défi pour les vignerons du Jura ? (Patrick BIDOT, Jean-Luc GOMEZ et Thierry PERRIER)   140 pages, 9.7 mo
automne 2009
Trame Verte et Bleue: un engagement en faveur de la biodiversité (Serre Vivante)   1 page, 132 ko
Mars 2009
Rapport du groupe de travail "Circuits courts de commercialisation" au Ministre de l'agriculture et de la pêche
  24 pages, 132 ko
30 Novembre 2007
Circuits courts : une plus-value pour les producteurs et les territoires/Fédération nationale des Parcs Naturels Régionaux
  36 pages, 2.6 mo
9 octobre 2007
Besançon, le projet SAUGE : installer l’agriculture près des villes. Un dossier de TRANSRURAL Initiatives
  8 pages, 346 ko
27 septembre 2007
Grenelle de l'Environnement, Groupe de travail n° 4: Adopter des modes de production et de consommation durables   167 pages, 1.7 mo
2007
Programme Rururbal (2007-2013): Charte européenne de gouvernance territoriale, à travers la chaîne alimentaire périurbaine, pour un développement local durable
  4 pages, 227 ko

Adresses utiles

Terres en villes

Association paritaire réunissant élus et responsables agricoles de 21 aires urbaines.
40 av. Marcelin Berthelot
BP 2608
38 036 Grenoble Cedex 2
tél. 04 76 20 68 31
Contact : Serge Bonnefoy
secrétariat technique
tél. : 04 76 20 68 31
www.terresenvilles.org

Réseau rural

Regroupe les différents acteurs impliqués dans le développement rural.
Contact : Yuna Chiffoleau
animatrice du sous-groupe agriculture et alimentation
www.reseaurural.fr

Fédération Nationale des Centres d'Initiatives pour Valoriser l'Agriculture et le Milieu rural (FN-CIVAM)

Le réseau des Civam regroupe 170 groupes dans 15 régions.
71 Boulevard de Sébastopol
75 002 Paris
tél. : 01 44 88 98 58
Contact : Serge Villard
responsable du dossier Système alimentaire territorialisé
tél. : 09.71.25.34.66 / 06.08.06.48.77
www.civam.org

Fédération nationale des parcs naturels régionaux (FNPNR)

9 rue Christiani
75 018 Paris
Contact : Stéphane Adam
Coordinateur du pôle développement durable
tél. : 01 44 90 86 20
www.parcs-naturels-regionaux.fr


Pascal Blain, mai 2010